Charles Ducamp : droit comme un pin.

Du haut de ses 73 ans, Charles Ducamp vous accueille droit et sec comme ces pins qu’il a si longtemps côtoyés.

Il vous parle d’un temps d’avant, d’une époque où l’on blessait les arbres avec délicatesse pour les voir pleurer quelques larmes de précieuse résine. Il vous explique qu’à 14 ans, il est devenu résinier, comme son père. Il est capable, pendant des heures, et avec un geste toujours aussi sûr et précis de vous faire revivre ce qu’a été son métier et sa passion. Hapchot en main, il mime la pique, cette entaille qui permet de faire perler l’arbre d’or. Il n’y a pas de nostalgie dans tout cela, juste des souvenirs de l’amour du travail bien fait.

Il a quitté la forêt en 1966 pour rejoindre l’usine. Il y est toujours revenu, au milieu de ces pins qui ont façonné la vie de ses ancêtres. Il a vu s’agrandir les exploitations en même temps que se réduisait leur nombre et avant que ne cesse l’activité à la fin des années 80. Des grands arbres, il a hérité de la sagesse. Au détour d’une phrase, il confesse que la forêt était synonyme de liberté même si la vie pouvait y paraître dure. Dans le grenier du musée, il s’offre un retour en arrière. « Gamin, je partais résiner avec mon père. C’est moi qui posait le premier pot près du sol. « 

Et comme une promesse optimiste et plein de vie, il vous glisse avec un large sourire sous le béret:

J’aimerais bien voir renaître le gémmage…