Contrairement à ce qui se fait ailleurs, la boue thermale de Dax ne se résume pas à un simple mélange d’argile et d’eau. Ici, le péloïde est un subtil équilibre entre production ancestrale et parfaite maîtrise technique.

Le péloïde, c’est avant tout la rencontre naturelle entre les remontées d’eau thermale et le limon du fleuve Adour. La rencontre de ces deux éléments sert de base à la confection de la boue thermale. L’ensoleillement local et le climat de la région permettent de maintenir les eaux du fleuve a une bonne température. C’est baignée de tous ces éléments naturels que va se développer la fameuse algues bleue de Dax.

Cette algue est en fait une cyanobactérie, une des plus vieilles bactéries vivant sur terre. Elle utilise le mécanisme de la photosynthèse et génère ainsi du dioxygène, élément indispensable à la vie sur Terre. La présence de ces micro-algues dans le péloïde de Dax en fait un mélange unique et exceptionnel. Il n’existe d’ailleurs pas de produit équivalent en France. Ce caractère exceptionnel et son utilisation au fil des siècles s’expliquent par une remarquable conservation du biotope traditionnel.

Aujourd’hui, la source et le produit restent les mêmes. L’intervention de l’Homme ne fait que poursuivre l’oeuvre de la nature. Pour autant, si le produit ancestral perdure, le temps des bourbiers naturels est désormais bien loin. L’algue bleue est aujourd’hui cultivée sous serres ce qui permet d’enrichir naturellement la boue en éléments actifs tout en maîtrisant la qualité du péloïde. Cette démarche basée sur l’utilisation d’un produit 100 % naturel relève désormais de la biologie et d’un travail de recherche et de laboratoire.

Le parcours du péloïde en huit étapes

1. Extraction du limon de l’Adour. L’extraction a lieu durant l’été, période sèche qui permet d’accéder plus facilement aux carrières. Le gisement actuel se trouve dans les Barthes de Saubagnac situées à Dax. Le limon fossile est situé sous les alluvions entre 2 et 9 mètres de profondeur.

2. Préparation de la pâte. Le limon est broyé dans l’eau thermale et prend une texture pâteuse.

3. Tamisage. Le limon est débarrassé de ses impuretés. Il prend désormais la forme d’une pâte fine et lisse. Il est alors placé dans le fermenteur.

4. Mise en culture. Les algues ou cyanobactéries sont cultivées sous serres.

5. Maturation. Les algues sont ajoutées au limon dans le fermenteur. Le processus de maturation va prendre six jours.

6. Conditionnement. Après validation par le laboratoire municipal, le péloïde est conditionné en sac de 10 kilos.

7. Utilisation. Les sacs sont acheminés dans les établissements thermaux. Leur contenu est utilisé de manière individualisée pour chaque curiste.

8. Retour à la nature. Après utilisation et contrôle sanitaire, le péloïde retourne dans son milieu naturel et sert à combler les lieux d’extraction. La boucle est bouclée.